Les Opérations d’influence chinoises : un moment machiavélien

Avec Paul Charon

Paris, IRSEM, ministère des Armées, 2021

646 pages

ISBN : 978-2-11-155493-1

En libre accès sur irsem.fr

Pendant longtemps, on a pu dire que la Chine, contrairement à la Russie, cherchait davantage à être aimée que crainte ; qu’elle voulait séduire, projeter une image positive d’elle-même dans le monde, susciter l’admiration. Pékin n’a pas renoncé à séduire, à son attractivité et à son ambition de façonner les normes internationales, et il reste essentiel pour le Parti communiste de ne pas « perdre la face ». Mais, en même temps, Pékin assume de plus en plus d’infiltrer et de contraindre : ses opérations d’influence se sont considérablement durcies ces dernières années et ses méthodes ressemblent de plus en plus à celles employées par Moscou. C’est un « moment machiavélien » au sens où le Parti-État semble désormais estimer que, comme l’écrivait Machiavel dans Le Prince, « il est plus sûr d’être craint que d’être aimé ». Ce qui correspond à une « russianisation » des opérations d’influence chinoises.

Ce rapport s’intéresse à cette évolution, avec l’ambition de couvrir tout le spectre de l’influence, de la plus bénigne (diplomatie publique) à la plus maligne, c’est-à-dire l’ingérence (activités clandestines). Pour ce faire, il procède en quatre parties, présentant successivement les principaux concepts ; les acteurs mettant en œuvre ces opérations, notamment la base 311 de l’Armée populaire de libération ; les actions conduites par Pékin à l’égard des diasporas, des médias, de la diplomatie, de l’économie, de la politique, de l’éducation, des think tanks et en termes de manipulations de l’information, entre autres leviers ; et enfin quelques études de cas (Taïwan, Singapour, Suède, Canada, et les opérations ayant visé les manifestants hongkongais en 2019 ou cherché à faire croire à l’origine américaine de la Covid-19 en 2020). La conclusion revient sur cette « russianisation », qui a trois composantes : Pékin s’inspire de Moscou dans plusieurs registres, il subsiste évidemment des différences entre les deux, et il existe aussi un certain degré de coopération. Pour finir, le rapport évalue l’efficacité de cette nouvelle posture chinoise qui peut s’enorgueillir de certains succès tactiques, mais constitue un échec stratégique.

Table des matières

Tables des matières aux pages 3-10 du PDF.

Recensions

"le rapport de l’IRSEM nous ouvre sur des réalités que longtemps on n’a pas voulu voir... les Routes de la Soie, je ne les lis pas aujourd’hui de la même manière qu’avant... ces rapports vont éveiller l’attention des Français et des Européens" (sénateur Etienne Blanc, NTD TV, 17 octobre 2021)

"Nous avons montré lundi 11 octobre dans Le Figaro l’importance des révélations contenues dans le rapport de l’IRSEM. Mais cette somme (...) contient encore une mine d’informations qui méritent d’être portées à la connaissance d’un public averti" (Le Figaro, 16 octobre 2021)

"ce rapport là sera un monument par rapport justement à ce qui se passe aujourd’hui en Chine, avec la Chine et dans les relations internationales concernant la Chine (...). Tous les domaines sont étudiés de manière extrêmement précises avec des données, avec des liens et avec des descriptions et c’est pour ça que je pense que chaque personne qui s’intéresse à ces problématiques, en fonction de son propre domaine de compétence peut y trouver à la fois des informations mais surtout des préconisations. C’est vrai que ce rapport là est d’une extrême qualité" (Françoise Hostalier, ancienne députée et secrétaire d’Etat, NTD TV, 16 octobre 2021)

"monumental rapport d’enquête sur "les opérations d’influence chinoises" produit par IRSEM. Jamais l’entrisme de la Chine communiste dans nos sociétés ouvertes, nos économies libérales et nos systèmes démocratiques n’avait été décrit et analysé de façon aussi globale et précise" (Le Figaro, 11 octobre 2021)

"Un travail gigantesque et courageux, basé sur des sources ouvertes et en chinois, qui met en lumière les moyens gargantuesques déployés par Pékin pour entraver toute action contraire aux intérêts du PC, imposer sa vision du monde et changer les règles de l’ordre international." (Le Figaro, 11 octobre 2021)

"Ce rapport, impressionnant par cette foule de détails, de documents, fera date dans la recherche française sur la Chine contemporaine. Il y a désormais un « avant » et un « après » car ce dossier remet les pendules à l’heure et nous aide à nous sortir d’une naïveté à l’égard de cette Chine de Xi Jinping" (Pierre-Antoine Donnet, Diploweb, 26 septembre 2021).

"Ce travail de deux ans dévoile plusieurs opérations de désinformation, comme l’étrange histoire de Larry Romanoff, un prétendu scientifique canadien qui a servi à légitimer le discours de la Chine sur une origine américaine du Covid" (Conspiracy Watch, 26 septembre 2021)

"Le rapport de près de 650 pages, sans doute le plus grand du genre, décrit en détail les instruments de l’influence chinoise" (en tchèque, Sinopsis, 24 septembre 2021).

"Une enquête fouillée de l’Irsem, publiée lundi 20 septembre, s’intéresse aux réseaux d’influence de la Chine dans le monde. Elle révèle une entreprise tentaculaire et mondialisée de Pékin pour imposer sa puissance et son modèle à toute la planète." (La Croix, 20 septembre 2021)

"Ce rapport est excellent puisqu’il extrêmement complet et fouillé. C’est la 1ère fois en France qu’il y a cette capacité, de façon systématique, à démonter les efforts et les stratégies d’influence chinoise" (Antoine Bondaz, France Info, 20 septembre 2021)

"Une étude d’une ampleur sans précédent, de 650 pages, (...) dévoile le gigantisme tentaculaire et très professionnalisé des réseaux d’influence construits par la Chine partout dans le monde" (France Inter, 20 septembre 2021)

"Une entreprise tentaculaire, massive, cohérente, globale, tous azimuts, mondialisée : les mots manquent au profane pour décrire la protéiforme guerre d’influence engagée par la Chine pour démontrer sa puissance. Elle se révèle, d’une façon impressionnante, dans une étude exhaustive de 600 pages, publiée lundi 20 septembre au terme de deux ans de travail par l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem), et dont Le Monde a eu connaissance. Derrière « Les opérations d’influence de la Chine », ses auteurs, Paul Charon et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, décrivent une bascule récente du régime de Pékin, qualifiée de « moment machiavélien » : « Le Parti communiste chinois [PCC] semble désormais convaincu qu’il est plus sûr d’être craint que d’être aimé" (Le Monde, 4 septembre 2021)